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Flash addict N°5

« Gaz hilarant » : Pas si drôle que ça ?

Utiliser son siphon de chantilly et inhaler du protoxyde d’azote dans un ballon pour avoir un fou rire, vous connaissez ?

Ce phénomène, au départ pratiqué dans les soirées d’étudiants en médecine, s’est développé auprès des adolescents et de la communauté étudiante.

Depuis environ deux ans, nous entendons parler du protoxyde d’azote, plus communément appelé « proto » ou « gaz hilarant ». Attractif pour les jeunes (collégiens, lycéens, étudiants…), ces derniers se saisissent de ce produit peu cher et accessible jusqu’à récemment.

En effet, le détournement le plus connu du « proto » se fait par le biais des siphons à chantilly en « craquant » la capsule qui contient le fameux gaz. L’effet est fugace, mais peut causer des dégâts irréversibles, pouvant aller jusqu’à la mort (à la suite d’un arrêt cardiaque).

Ainsi se met en place un cercle vicieux. L’effet étant très court, les jeunes vont revenir rapidement vers une deuxième capsule de « proto », puis une troisième…. Les « ballons » rapprochés augmentent considérablement les risques liés à la prise. Ces risques sont multiples : dès la première inhalation la personne qui prend « un ballon » peut s’asphyxier, perdre connaissance, avoir des vertiges et chuter (si elle consomme debout), être désorientée ou encore se brûler à cause du gaz qui est très froid quand il est libéré de sa capsule.

Cette pratique qui se répand cause des accidents et est très visible, les déchets de capsules de « proto » laissés dans les rues entraînant parfois une pollution importante.

L’Etat décide donc d’agir pour protéger les jeunes et les mineurs. En ce sens, une nouvelle loi concernant l’usage détourné du protoxyde d’azote voit le jour au mois de juin 2021. Celle-ci permet de protéger les mineurs de son usage détourné en interdisant de leur en vendre ou de leur en offrir. Il est également interdit d’offrir ou de vendre du protoxyde d’azote à des personnes majeures dans certains débits de boissons ainsi que dans les débits de tabac. Cette loi est donc censée rendre moins disponible ce produit de consommation courante. Mais, c’était sans compter sur les réseaux sociaux !

Notre avis

En effet, nous constatons qu’il est facile de se procurer des quantités importantes de protoxyde d’azote, sans contrôle et de façon discrète avec ça ! Comment ? Pour cela, rien de plus simple, vous avez juste besoin d’un téléphone et d’un compte Insta et/ou snap ! Et oui, quelques clics et voilà une myriade de revendeurs de ballons, de crackers et même de location de siphons ! Nous pouvons comparer les prix et se faire livrer directement chez nous en passant par l’application snap ou encore en téléchargeant des messageries sécurisées comme WhatsApp. Ainsi, impossible de contrôler l’âge ou la quantité achetée ! LE PA-RA-DIS (artificiel) pour certains…

Et c’est là où le bât blesse… Comment est-il possible d’avoir accès à autant de données et de manière aussi simple et rapide ? Pourquoi aucune réglementation n’encadre-t-elle pas les réseaux sociaux ? Là où la nouvelle loi visibilise les dangers du protoxyde d’azote et essaie de réguler son détournement, ils participent à une véritable stratégie de contournement, tout en faisant profiter aux revendeurs, dans l’illégalité totale, d’une publicité très forte.

Sachant que les étudiants et les adolescents sont des fervents utilisateurs de ces applis de communication, nous pouvons encore nous inquiéter de leur santé et la loi a encore du chemin à parcourir… Il devient urgent de réguler les pratiques de promotion et de vente illégales vis-à-vis des substances psycho-actives présentes sur Internet et les réseaux sociaux…

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