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Numéro 1

Saint-Valentin, qu’importe le flacon…

Les liens entre certains contextes et l’alcool sont bien ancrés : la Saint-Valentin ne déroge pas à la règle et est instrumentalisée dans le discours de nos chers alcooliers.

Nous revenons ici sur l’éventail d’émotions et de sentiments qu’ils utilisent :

Le bonheur, par « les bulles de bonheur pour la Saint-Valentin », que nous propose lesbulleuses.com.

Le partage d’un moment, avec « Ma chopinette », qui questionne le consommateur : « quoi de mieux que de partager un moment avec votre partenaire autour d’une bonne bière ? ». Un partage également repris par Bières de France, qui nous invite à « faire pétiller notre Saint-Valentin » et nous guide vers « une sélection à partager avec votre moitié » 

La séduction et le romantisme, avec les Vignobles Vellas qui offrent la possibilité aux plus timides de déclarer leur flamme avec la cuvée séduction et son étiquette « Red Dingue de toi » ; Initiative similaire avec le site makeyourownspirit.com et ses « cadeaux romantiques », où l’on peut personnaliser la boisson et la bouteille avec un petit message, comme « Be my sweet valentine ».

Le réconfort, grâce à « Côté Vin », qui nous propose un « large choix de vins qui remplacera parfaitement un Valentin ou une Valentine ».

La petite pensée, de la part de cette marque de rhum, qui nous souhaite « un bon week-end les amoureux », heureusement qu’ils sont là.

L’amour, bien sûr. « Quoi de mieux qu’un peu d’amour en cette période incertaine, ça fait pas de mal non ? » nous susurrent les vins de bandols qui nous invitent, sous forme de concours, à partager la publication. La Cave de Turckheim nous propose également de « remporter deux cuvées pour célébrer l’amour ». 

La sexualité, avec « Une Petite Mousse » et son « Kit sous la couette », composé de plusieurs bières dont la « Panpan-culcul », sans oublier « le jouet pour elle et lui » (un kit « à démarrer à l’apéro et à finir sous la couette » comme le précise la marque).

Notre avis

Comme chaque année la Saint-Valentin est une fête commerciale où surprise et amour sont au rendez-vous.

Les alcooliers s’appuient sur l’événement avec des arguments très variés : « déclarer sa flamme avec un bouquet de bières », « partager un moment avec sa partenaire », jusqu’à une intrusion sur des dimensions sexuelles qui font aussi partie de ce moment.

On observe, en plus des arguments variés, de nombreuses stratégies marketing différentes : les jeux concours pour remporter une box (notamment sur les réseaux sociaux), le recours aux influenceurs, les publicités sponsorisées qui se glissent dans le fil d’actualité, entre les contenus ou entre les stories…

Les mentions légales sont souvent oubliées et la neutralité est très souvent remise en question : les textes sont écrits sur un ton principalement émotionnel, les visuels travaillés dans une charte graphique adaptée (les couleurs prédominantes sont le rose et le rouge, on retrouve de nombreuses formes de cœur…).

Ces éléments nous posent (une fois n’est pas coutume) question. Nous y voyons ici un éloignement vis-à-vis de l’objectivité que la loi prévoit concernant les publicités pour alcool. Là où la règlementation mentionne les éléments que sont les caractéristiques olfactives et gustatives du produit, nous observons ici des arguments bien étrangers à tout ceci. Par cette communication, axée sur les sentiments associés à la Saint-Valentin, l’achat se fera sur des ressorts qui n’auront plus rien à voir avec ces caractéristiques (légales).

On pourrait tout à fait imaginer la naissance de la bière « PanPanculcul » avec la pensée de l’alcoolier : « Les messages du type « des accents de fruits rouges relevés d’une note de cannelle », ça va bien 5 minutes, pourquoi ne jouerait-on pas sur des notions qui parlent aux jeunes, pour se démarquer ? ». Un coup de comm’ réussi, puisque la page qui promeut la bière recueille 60 000 « j’aime ».

Ici, nous mettons en lumière, à l’instar de la « Cuvée COVID », ces exemples de produits qui se vendent (efficacement au passage) grâce à des éléments purement subjectifs, une possibilité que la loi Evin entend justement empêcher. Une loi qui aurait besoin de plus de contrôle, quelle que soit la taille de l’émetteur du message… Sans cela, nous redoutons une amplification de ce type de contenu, certains pourraient en effet prendre conscience du champ libre qui s’offre à eux et s’en servir pour se démarquer de ceux qui respectent la règlementation.

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